Une petite biographie

ÉPISODE 6: LES ANNÉES PERRAC

Dès les années 1968-70, la presse enfantine dans son ensemble connaît une crise d’intérêt qui entraîne une baisse des ventes et des abonnements. L’ "âge d’or" semble passé. Chaque journal explore alors de nouvelles formules et la BD s’oriente vers de nouveaux publics, plus particulièrement celui des ados et des jeunes adultes. Les publications se font de préférence sous la forme d’albums, ce qui leur assure une plus grande durée de vie.

Les éditions Fleurus n’échappent pas à cette évolution tout en persistant dans la formule "presse". Cœurs Vaillants, qui a déjà changé de titre en 1963 avec J2 Jeunes, devient Formule 1 en 1970. Âmes Vaillantes, baptisé tout d’abord J2 Magazine en 1963 également, devient Djin en 1974. Fripounet et Marisette, rebaptisé Fripounet en 1969 puis regroupé avec Triolo, poursuit sa ligne éditoriale et sa publication, mais avec des difficultés grandissantes, jusqu’à la fin des années 1990. Auteurs et dessinateurs subissent les contrecoups de ces transformations : la série Alex, Eurêka, Lestaque s’arrête en 1970, Le Chevalier de Saint-Clair en 1971. Pierre Brochard a alors 50 ans.

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Avec son ami Jean-Marie Pélaprat, alias Guy Hempay, qui en assure le scénario et les dialogues, Pierre crée alors un nouveau héros, Perrac-la-Rapière, accompagné de son habile et précieux serviteur, Pactole. Il revient ainsi au roman de cape et d’épée classique, situé au XVIIe siècle : les péripéties, où l’on note des clins d’œil à Théophile Gautier et Alexandre Dumas tout autant qu’à Michel Zévaco, conduisent le lecteur dans une sorte de pastiche humoristique. La première aventure, intitulée Estramaçon et flamberge, paraît dans Formule 1 dès 1971. Elle donne naissance à une série de douze épisodes, publiés jusqu’en 1980.

Parallèlement, sur un scénario de Jean-Marie Nadaud, Pierre met en images les aventures d’Eric et Lespadon qui se déroulent dans le milieu maritime. La série connaît quatre épisodes, parus dans Fripounet de 1971 à 1973. Puis, de 1974 à 1979, et de nouveau en collaboration avec Jean-Marie Pélaprat, Pierre Brochard dessine pour le même journal les quatre épisodes de Théo Besagne. Puis, de 1980 à 1983, il signe encore, sur un scénario de Robert Génin, les sept épisodes de Maître Chang, un Chinois adepte des arts martiaux… au plein cœur du Moyen Âge européen.

Tout en renouvelant son style, Pierre Brochard s’éloigne peu à peu des nouvelles orientations de la bande dessinée. Insensiblement, il a déjà choisi une autre voie qui correspond mieux à son trait réaliste et à son intérêt pour la reconstitution historique.

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ÉPISODE 5: LES ANNÉES SAINT-CLAIR

Lorsque prend fin la série Zéphyr au début de 1963, Pierre Brochard a déjà dans ses cartons un nouveau héros en préparation. Observateur attentif de la presse enfantine concurrente des productions Fleurus, il souhaite apporter du nouveau. En douze ans, les lecteurs ont en effet changé et leurs attentes aussi.

Désireux de rester entièrement maître de son sujet, comme scénariste et comme dessinateur, Pierre se tourne alors vers l’Histoire et les romans de cape et d’épée qui, depuis le XIXe siècle et Alexandre Dumas, jouissent toujours d’un grand succès. Mais il choisit un contexte très peu traité jusqu’à cette époque : le XVIIIe siècle et plus particulièrement le règne de Louis XV sur lequel il se documente abondamment. Il imagine alors un jeune noble désargenté vivant dans une province éloignée de Paris et à cent lieues de la cour brillante mais futile de Versailles : la Bretagne.

Sous le crayon de Pierre Brochard, le nouveau héros ne tarde pas à prendre forme : ce sera le chevalier de Saint-Clair qui se trouve, dès ses débuts, en mauvaise posture pour s’être battu en duel (ce qui est interdit) et de surcroît la nuit de Noël. C’est le point de départ du premier épisode, Le Complot, dont la parution débute en septembre 1963 dans Fripounet

Dynamique, courageux et conscient de ses devoirs, mais avec la naïveté de sa jeunesse, Saint-Clair manque de se retrouver impliqué dans une sordide affaire de rapt de jeunes gens destinés à être expédiés, contre leur gré, comme main d’œuvre servile dans les colonies d’Amérique. Sur ce sujet paraît Le Serment du chevalier en 1964 qui enchaîne avec L’Épopée du Cormoran puis Le Repaire de l’Aigle en 1965.

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Cette même année 1965, la famille Brochard connaît un heureux événement : la naissance de Christine. Il s’avère alors que la maison de Saint-Rémy devient un peu trop petite. Pour l’agrandir et la rendre plus confortable, Pierre décide de lui ajouter un étage. Ce sera une fois encore un ouvrage commun à la famille.

A la façon dont il imaginait les aventures de Zéphyr, Pierre reste à l’affût de toute anecdote originale pour développer les scénarios du nouveau héros. Ses carnets de croquis ne le quittent pas, même au cours de brèves vacances. Il en rapporte des images qu’il transpose dans ses dessins.

En 1966, trois aventures se succèdent : Quand l’Atalante reviendra, Le Chevalier et le brigand et En garde chevalier ! Saint-Clair fait alors une pause pour laisser à Pierre Brochard le temps de travailler à ses nombreux autres projets en BD, illustrations de presse ou éditoriales. Mais le héros revient, toujours aussi vaillant. Le personnage de Saint-Clair mûrit. Avec Mission en Forêt Noire, il entre de plein pied dans le Secret du roi, un service d’action et de renseignement mis en place par Louis XV pour défendre le royaume des puissances étrangères. D’une certaine façon, Pierre Brochard renoue ainsi avec ses souvenirs de jeunesse. Les Trois forts de l’ouest (1968) puis Le Loup des mers (1969) et, en 1971, Les Quatre secrets du manoir marqueront la fin de la série.

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ÉPISODE 4: ALEX, EURÊKA, LESTAQUE

Alors qu’en 1956, Pierre Brochard travaille à la septième aventure de Zéphyr, Le Message passe à 21 heures dont l’action se déroule en Provence, les éditions de la rue de Fleurus (Paris) font appel à lui pour être le dessinateur d’une nouvelle série à paraître dans un autre journal du groupe, Cœurs Vaillants. Le scénariste travaille depuis plusieurs années déjà comme secrétaire de rédaction et auteur. Il est originaire de Toulon et même s'il demeure à Paris avec sa famille, il conserve de forts liens avec sa région natale, …la Provence. Il se nomme Jean-Marie Pélaprat (1927-1995) mais les lecteurs le connaîtront sous le pseudonyme de "Guy Hempay".

La première aventure de la série a pour titre La Flûte magique. Elle met en scène un groupe de jeunes, les « X », avec pour personnages principaux, Alex et Eurêka accompagnés du chien Tambour, un saint-bernard. L’histoire débute au Havre : par souci de réalisme, Pierre, Jacqueline et Philippe se rendent quelques jours sur les lieux pour effectuer des repérages. L’énigme policière ne saurait trouver une fin heureuse sans l’intervention de la police et notamment d’un inspecteur au parler typiquement méridional, Lestaque, qui devient sous le crayon de Pierre Brochard le sosie du scénariste.

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Opération Furet, Appel à X, Y, Z, Le Cercle rouge, L’Épave du Zipangu, les titres s’enchaînent sans discontinuer. Au fil des années, Alex, Eurêka et Lestaque deviennent un trio inséparable de même que dans la vie réelle, une grande amitié se noue entre Pierre et Jean-Marie et entre les familles Brochard et Pélaprat (les deux épouses se prénomment d’ailleurs Jacqueline). En 1959-60, paraît Le Trompettiste du Strasbourg-Paris dont les épisodes sont déclinés par son auteur en un récit dialogué faisant l’objet d’un coffret de dix petits disques. L’année suivante, l’ensemble est réuni sous la forme d’un album-disque 33 tours qui, en 1963, reçoit le Grand Prix de l’Académie du Disque. Cette consécration dénote de la part des éditions Fleurus une ouverture novatrice vers l’audio-visuel qui, malgré quelques autres essais, n’aura malheureusement pas de suite.

Même si Alex et Eurêka restent les héros de leurs aventures, l’inspecteur Lestaque joue un rôle de plus en plus important au cours des titres qui se succèdent : La Boîte à musique, Le Trésor du Roy, Silence ! On tourne, A coups de plume, Le Cheval de Brandevert, Lestaque attaque et Les Masques blancs. L’année 1963 marque une évolution notable car le titre Cœurs Vaillants, considéré comme désuet, est alors remplacé par J2 Jeunes (« J » comme jeudi, alors jour de congé dans les écoles). Aux côtés de Lestaque apparaît l’inspecteur Fricot, personnage totalement décalé dont les bévues animent de nombreux gags : au cours des années suivantes, il devient à lui seul un personnage clé des aventures. On peut aussi retrouver Lestaque autrement qu’en B.D., sous forme d’histoires complètes en texte, toujours illustré par Pierre Brochard, voire en roman-photo.

Au fil des années et de l’évolution de son traité graphique, Pierre Brochard actualise ses personnages. Lestaque, Fricot, Alex et Eurêka partagent encore 14 autres aventures tragi-comiques qui les mènent, tour à tour, en Europe centrale, en Espagne ou en Grèce mais aussi en Polynésie au Brésil comme dans les bas-fonds de New York. Avec près de 900 planches, la série s’arrête en 1970 lorsque J2 Jeunes change de titre à son tour et devient Formule 1.

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Les personnages créés par Pierre Brochard dans la presse des éditions Fleurus

ÉPISODE 3: LES ANNÉES ZÉPHYR

Pour le centenaire de la naissance de Pierre Brochard (23 mars 1921), découvrez ou redécouvrez la décade qui vit la publication dans Fripounet et Marisette de sa première grande série : les aventures de Zéphyr.

Fort de sa première expérience avec la bande dessinée, Pierre Brochard propose un scénario à la rédaction de Fripounet et Marisette. Il s’agit d’une histoire à épisodes comprenant quatre personnages principaux : Tony et Clara, deux jeunes gens, frère et sœur, vivant à la campagne, avec leur chien Zamba. Ils font la connaissance d’un Parisien un peu farfelu, Zéphyr, qu’ils vont entraîner dans une aventure les menant à l’autre bout du globe. Il s’agit de Cap au sud qui paraît dans les pages du journal de janvier à juillet 1952.

L’histoire remporte un franc succès et va connaître une suite immédiate intitulée Le Diamant rose de Singaradja puis une autre, Le Ravin aux loups. Pierre Brochard ne sait pas encore que ces quatre personnages, et surtout Zéphyr, vont l’accompagner pendant plus de dix ans.

A l’automne de 1953, débute la parution d’une nouvelle histoire intitulée Le Grand mur blanc, dont l’intrigue témoigne d’un événement ayant fortement marqué les Savoyards. L’année suivante voit la publication de La Montagne de l’oubli dont le récit débute en Bretagne et se poursuit à bord d’un chalutier jusqu’en… Australie. Et dès leur retour en Europe, Zéphyr entraîne bien malgré lui ses deux amis sur les traces de Messathi, le prince des sables (1955). Ces trois dernières aventures marquent aussi une évolution dans le style du dessinateur qui s’oriente vers la ligne claire.

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Grâce à la réalisation de ces nouveaux projets, la situation matérielle de la famille Brochard s’améliore peu à peu. D’été en été, l’habitation de Saint-Rémy-lès-Chevreuse s’agrandit pour devenir une coquette maison de bois, entourée de son jardin fleuri, que les gens du quartier dénomment très vite « le chalet ». L’atmosphère morose de l’après-guerre s’efface progressivement. La France se modernise et les Français vivent mieux. Comme beaucoup d’entre eux, Pierre et Jacqueline parviennent à acheter une 4 CV qui leur permettra de partir en vacances sur les routes de France.

Place à l’humour ! Zéphyr devient le héros principal des aventures, même si Tony, Clara (et le chien Zamba) volent toujours à son secours. Avec ses maladresses et sa naïveté, Zéphyr vient à bout des situations les plus dramatiques. Il sera la mascotte du journal Fripounet et Marisette dès les années 1955-56.

Désormais, Pierre trouve l’inspiration au fil des vacances, en Provence (Le Message passe à 21 heures - 1956) ou à Oléron (L’Escale du Balaou – 1957). Un séjour dans les Cévennes sera le point de départ pour Le Cavalier noir qui conduira nos héros aux États-Unis (1957-58). Puis, dans le contexte pro-européen de l’époque, Pierre et son ami de Résistance André accomplissent avec leurs familles un grand voyage en Allemagne, Autriche, Italie et Suisse. Il en résultera deux aventures, Rendez-vous à Hirschenberg (1958) et La Tache de feu (1959), qui paraîtront également en albums. Après un épisode en Périgord (La Caverne de la Licorne – 1961), un autre au Pays Basque (Les Orchidées rouges, 1962), les aventures de Zéphyr se terminent avec Zéphyr et Pépita en 1963.

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ÉPISODE 2: DE 1947 À 1952

Pierre et Jacqueline choisissent donc de s’installer à la campagne, dans un petit hameau de Vendée, où l’approvisionnement en produits de base semble plus facile et le logement s’avère peu coûteux. En 1947 en effet, les séquelles de la guerre se font encore durement sentir, les privations continuent et l’économie en général peine à redémarrer.

Pierre parvient à placer dans la presse quelques illustrations et des caricatures qui le font remarquer à l’étranger, en Australie et en Argentine. Avec son épouse, il envisage même d’émigrer dans l’un de ces pays, voire au Canada – des projets dont on retrouvera la trace dans de futures bandes dessinées, comme Le Ravin aux loups et La Montagne de l’oubli.

Grâce à l’appui de Joë Bridge, Pierre Brochard garde confiance. Il fait alors la connaissance de René Bonnet, le créateur de la série Fripounet et Marisette qui donne son titre à un journal destiné à la jeunesse des campagnes. Pierre s’oriente ainsi vers l’Union des Oeuvres, éditeur du journal Cœurs Vaillants qui achève d’installer ses bureaux au 31, rue de Fleurus, à Paris. Dès l’année suivante, il reçoit des commandes plus régulières. C’est le début d’une production qui va s’intensifier rapidement et d’une relation de travail qui durera une quarantaine d’années.

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Pierre et Jacqueline estiment nécessaire de revenir dans la capitale. En 1948, ils obtiennent un logement dans la cité «Montmartre-aux-artistes», au 189 de la rue Ordener (Paris 18e). Cet ensemble architectural de style art-déco, bâti en 1932 sur une partie de l’ancien « maquis » de Montmartre, comprend 180 ateliers accessibles (en principe) aux artistes pour un loyer modique.

Pierre Brochard a conservé des liens avec le réseau Vengeance, en tant qu’ancien membre du groupe Action. Il participe à la création des documents de communication relatifs au gala de bienfaisance destiné à venir en secours aux veuves et orphelins de la Résistance. D’une façon générale, le caractère de ses dessins reste alors marqué par les années d’Occupation.

La présence des illustrations de Pierre Brochard dans Fripounet et Marisette et dans Coeurs Vaillants s’accentue dans l’esprit « maison », mettant en valeur les actions sociales. Peu à peu, son style évolue et trouve sa personnalité. C’est alors qu’il publie, en 1951, une première longue « histoire en bandes » (c’est le terme de l’époque pour la BD), Échec à Sindral.

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En 1949, naît un fils, Philippe. Le logement de la rue Ordener devient vite trop petit. Face au coût des loyers parisiens, à l’inconfort et à la promiscuité de la grande ville, Pierre et Jacqueline font le choix de la grande banlieue en s'installant à Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Au début des années 1950, en France, le logement apparaît comme un problème insoluble.

ÉPISODE 1: DE 1921 À 1947

Pierre naît le 23 mars 1921 à Issy-lès-Moulineaux. Louis, son père, est artisan ébéniste. Il travaille dans un atelier du faubourg Saint-Antoine, non loin du quartier de la Bastille. Simone, sa mère, d’origine alsacienne (son nom de jeune fille est Lapp) a une petite formation d’employée de bureau mais elle se consacre aux charges du ménage.

La famille s’installe dans une maison avec jardinet, à Clamart. En 1925, naît Maurice, de santé plus fragile que son frère aîné. Les médecins conseillent l’air de la mer.

Malgré des revenus modestes, la famille passe chaque année quelques semaines de vacances à Villerville, sur la côte normande.

Début 1940, à 18 ans, Pierre entre comme jeune employé au Bureau de dessin de la Société Rateau dont les ateliers situés à La Courneuve fabriquent des pompes et des ventilateurs industriels ainsi que des turbines. Il y reste à peine six mois car le 11 juin un ordre de service envoie tous les jeunes employés de la société dans la succursale de Nevers. Des milliers de gens fuient Paris devant l’avance des armées allemandes.

Parti à vélo, Pierre atteint Villeneuve-la-Guyard (dans l’Yonne) au milieu de centaines de réfugiés quand, le 15 juin au matin, des Stukas allemands déclenchent un bombardement. Son camarade d’exode est mortellement blessé. Une semaine plus tard, l’armistice est signé. Pierre regagne Clamart.

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Au début de l’Occupation allemande, Pierre trompe son ennui en dessinant des caricatures tout en cachant des tracts de la France Libre dans son carnet de dessin. C’est le temps des privations.

En 1943, désigné pour partir en Allemagne au titre du Service du Travail Obligatoire, il se réfugie en Normandie et devient bûcheron au château du Buisson de May et à Hermival-les-Vaux (Eure) puis ouvrier agricole à Miserey, près d’Evreux. Il rejoint le réseau Vengeance où il rencontre ceux qui resteront ses amis. Il y fait également connaissance de Joë Bridge qui l’incitera plus tard à se lancer dans la bande dessinée. Il circule alors sous la fausse identité de Pierre Barnier et met à profit son talent pour fabriquer des faux papiers destinés à ses camarades et à lui-même.

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24 août 1944 : la ville d’Evreux est libérée par les Alliés. Peu de temps après, Pierre s’engage au 4e Bataillon de Marche de Normandie qui a pour mission de sécuriser le pipe-line fournissant en pétrole les troupes alliées en progression vers l’Allemagne nazie. Cantonné à Cherbourg, où la vie de caserne ne lui convient guère, il multiplie les dessins et les caricatures. Il est démobilisé fin 1945.

31 septembre 1946 : Pierre épouse Jacqueline Périvier, petite-fille de Marguerite Durand (1864-1936), féministe notoire au début du XXe siècle et fondatrice de la Bibliothèque des femmes à Paris.

 

Afin de compléter sa formation, Pierre s’inscrit au Cours municipal supérieur de dessin d’art du 14e arrondissement de Paris. Il suit également des cours d’anatomie à l’Académie de la Grande Chaumière. Il y fait connaissance de Maurice Lemaire.

Peu fortunés, les deux époux s’installent à Roidan, un hameau vendéen non loin de Pouzauges. 

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À suivre...